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oxygène
Histoire de la médecine
Qu'est-ce qu'être malade ?
Jean Deleuze le 20-04-18

Livres. L'homme qui ne savait plus écrire, par François Matheron, éd. La Découverte-Zones, Paris, 2018, 112 pages, 12 €. L'invasion des grains d'avoine – amère récolte, par Jacques Robert, éd. Libel, Lyon, 2017, 96 pages, 14 €. Les frottements du coeur. Journal hospitalier, par Katia Ghanty, éd. Carnets Nord, Paris, 2017, 378 pages, 18 €. Presque comme les autres. Ma vie de jeune séropositive, par Lucie Hovhannessian, éd. Robert Laffont, Paris, 2018, 322 pages, 19 €.

De tout temps, les écrivains ont fait de la maladie ou de leurs propres misères physiques un sujet de prédilection. Mais désormais, en dehors de tout contexte littéraire, d'autres voix – nombreuses – se font entendre qui font le récit de ce combat singulier contre un mal qui vient bouleverser leur vie et celle de leurs proches. De valeur inégale, certains de ces écrits sont de simples témoignages quand d'autres sont remarquables par leur qualité d'écriture et d'autoanalyse (citons parmi d'autres : Végétal d'Antoine Percheron, La Traversée imprévue d'Estelle Lagarde, La Grande Santé de Frédéric Badré, Carnet de santé foireuse de Polza). Cet épanouissement de la littérature des patients est bien l'indice que ces derniers ont rompu depuis trois ou quatre décennies avec plus de 2 500 ans de passivité. Quatre ouvrages récents (parmi bien d'autres) en témoignent. Le premier L'Homme qui ne savait plus écrire est l'oeuvre de François Matheron. Ce philosophe, spécialiste d'Althusser, a été victime d'un très grave accident vasculaire cérébral en 2005 qui l'a rendu agraphique… et pourtant, il écrit…