La médecine byzantine Une réévaluation nécessaire | La Revue du Praticien
Espace abonné | connectez-vous
Image mystérieuse
Cliquez pour vous tester
A quoi pensez-vous ?

Photothèques
Sommaires de la revue du praticien
oxygène
Histoire de la médecine
La médecine byzantine Une réévaluation nécessaire
Marie-Hélène Congourdeau le 15-10-04

Longtemps considérée comme d’un apport mineur, la médecine byzantine se révèle à l’analyse plus riche que prévu : peu d’innovations théoriques mais surtout l’invention de véritables hôpitaux où l’on soigne et où l’on enseigne.

Les hasards d’une recherche sur l’Internet m’ont récemment amenée sur une page où j’ai trouvé l’affirmation suivante: « Les Byzantins, avant d’être chrétiens, puis devenus chrétiens des catacombes, soignaient leurs malades avec le respect de l’art d’Hippocrate. Sitôt sortis de leurs Kryptireia (catacombes) et acceptés comme membres de la Religion officielle des Empereurs, ils remplacèrent la médecine rationnelle par des amulettes. » Nous avons ici l’expression d’une opinion largement répandue sur «l’obscurantisme byzantin», que j’espère contribuer à dissiper au cours de cette présentation.

 

POUR SE SOIGNER : LE SAINT OU LE MÉDECIN ?

L’opinion rapportée ci-dessus n’est pas totalement sans fondement. Il est vrai que certains manuels de thérapeutique byzantins intègrent amulettes et incantations dans leurs listes de remèdes; et si on limite ses lectures aux récits de miracles opérés par des saints, on y trouve une certaine hostilité envers la médecine « profane », moins efficace que l’intercession du saint ou l’huile qui brûle devant les icônes, et envers les médecins qui font payer cher leurs soins inopérants, alors que les saints dispensent gratuitement leurs soins miraculeux. Mais ce sont là les lois du genre hagiographique, de même que les appels à mettre sa confiance en Dieu seul en cas de maladie relèvent du genre spirituel (fig. 1). On trouve aussi, dans la littérature byzantine, un état d’esprit pragmatique qui, dans la foulée des Pères de l’Église (Basile de Césarée, Jean Chrysostome), estime que si Dieu a donné aux hommes l’intelligence et aux plantes des vertus curatives, c’est pour que les premiers utilisent les secondes.