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Sommaires de la revue du praticien
oxygène
Xavier Jouven. La médecine générale refondée sur l'épidémiologie
Serge Cannasse le 10-11-17

Chef du pôle cardiovasculaire à l'Hôpital européen Georges-Pompidou (HEGP Paris), il est responsable de l'équipe "Épidémiologie cardiovasculaire et mort subite" au PARCC (Paris-centre de recherche cardiovasculaire, Inserm-université Paris-Descartes).

Qu'est-ce que l'épidémiologie intégrative ?
La démarche habituelle de la recherche médicale est de formuler une hypothèse à partir des questions qu'on se pose, puis de la tester avec une expérience ou un essai clinique, et de faire analyser ses résultats par un statisticien. Notre équipe fait l'inverse. Nous rassemblons l'ensemble des données dont nous disposons à propos d'un problème, issues de toutes les spécialités médicales directement concernées ou non, y compris les plus pointues, et nous les faisons travailler par un ordinateur. Cela aboutit à un modèle prédictif que nous testons ensuite, au moyen d'outils statistiques simples ou parfois complexes, voire par l'intelligence artificielle, aussi bien en interne, dans nos propres services, que par des universités ou centres de recherche étrangers, par exemple la Mayo Clinic aux États-Unis.
Cette démarche d'épidémiologie intégrative s'est construite petit à petit. Bien qu'elle ait reçu le grand prix de l'Académie des sciences, j'ai eu du mal à l'expliciter et à la conceptualiser.
Elle est fondée sur le raisonnement statistique, une approche de la réalité qui accepte une certaine marge d'erreur. J'ai découvert l'épidémiologie quand j'étais étudiant en troisième année de médecine. Je m'étais inscrit en psychologie, que je trouvais insuffisamment enseignée dans nos études. Les raisonnements de cette discipline m'intéressaient, mais je trouvais leurs résultats pas assez…