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oxygène
Tumeurs vésicales
Alexandre Frontczak, Loïc Balssa, François Kleinclauss le 29-12-17

ITEM 311

OBJECTIFS :
DIAGNOSTIQUER une tumeur vésicale.

Le cancer de la vessie occupe en France la cinquième place en termes d'incidence (14/100 000 habitants/an en France) et la septième au rang des décès tous cancers confondus. Il est en termes de fréquence le deuxième cancer urologique après celui de la prostate. L'âge moyen au diagnostic est de 70 ans, avec un ratio homme-femme d'environ 4/1.
Devant la fréquence et les caractères récidivants des tumeurs vésicales, leur prise en charge est un enjeu de santé publique. La prévention du cancer de la vessie passe par la lutte contre le tabagisme et l'exposition professionnelle aux carcinogènes urinaires.

Anatomopathologie
L'urothélium est l'épithélium de revêtement de l'arbre urinaire, le tapissant des cavités excrétrices rénales au méat urétral. Les tumeurs urothéliales peuvent donc toucher de façon synchrone ou métachrone les voies excrétrices supérieures (5-10 % des tumeurs urothéliales), la vessie ou l'urètre. L'urothélium vésical est le siège principal des tumeurs urothéliales en raison de sa surface plus importante et du temps de contact prolongé avec les carcinogènes urinaires.
Le cancer de la vessie est dans plus de 90 % des cas un carcinome urothélial, issu de la transformation maligne de l'urothélium qui borde la lumière de l'appareil urinaire (cavités pyélo-calicielles, uretère, vessie, urètre). Il faut différencier les tumeurs vésicales n'infiltrant pas le muscle (TVNIM) [détrusor], et celles infiltrant le muscle (TVIM).
Les TVNIM représentent environ 75-85 % des cas, avec comme principal risque la récidive (60-70 % à un an) et la progression vers une TVIM dans 10-20 % des cas.
Dans 15-25 % des cas il s'agit donc d'une tumeur d'emblée infiltrante (TVIM), pouvant être associée à un envahissement ganglionnaire dans 20-60% des cas, et/ou d'emblée métastatique dans 7 % des cas.
Dans moins de 10 % des cas, les tumeurs de vessie peuvent être :
- un adénocarcinome épidermoïde, retrouvé dans les inflammations vésicales chroniques, notamment chez les patients sondés à demeure, les infections urinaires chroniques, ou la bilharziose urinaire ;
- un adénocarcinome ;
- un carcinome neuro-endocrine ;
- une tumeur conjonctive, bénigne (léiomyome) ou maligne (sarcome)…