Toxicité cardiaque de la radiothérapie : une réalité à prendre en compte | La Revue du Praticien
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Toxicité cardiaque de la radiothérapie : une réalité à prendre en compte
Marie-Catherine Vozenin le 11-04-18

La radiothérapie est actuellement prescrite chez plus de 60 % des patients atteints de cancer, avec une efficacité incontestable.

Elle contribue, depuis de nombreuses années, à l'amélioration des taux de survie des patients atteints de cancers du sein, du poumon, des cancers pédiatriques et de la maladie de Hodgkin. Jusque dans les années 1990, les volumes d'irradiation nécessaires à l'éradication des masses tumorales englobaient des volumes significatifs de coeur, et des complications cardiaques pouvaient survenir de manière très tardive, soit 5 à 25 ans après le traitement initial. Depuis l'émergence de la radiothérapie conformationnelle dans les années 2000, et plus récemment de la radiothérapie stéréotaxique (stereotactic body radiation therapy [SBRT]), la dose thérapeutique est délivrée plus précisément, la dose reçue par les organes à risque est moins importante, ce qui permet d'étendre les applications de la radiothérapie (v. encadré). Néanmoins, ces technologies de radiothérapie guidées par l'image permettent de minimiser les effets secondaires sans les éliminer totalement, c'est pourquoi d'autres stratégies de radiothérapie ont été explorées, comme la radiothérapie FLASH (à ultra haut débit de dose) qui minimise les effets toxiques sur les tissus sains et devraient permettre de préserver encore plus efficacement les tissus sains entourant les tumeurs.
Simultanément, les protocoles standard de traitement du cancer ont évolué, et la radiothérapie est aujourd'hui combinée à diverses molécules (v. figure) de chimiothérapie et/ou de thérapies ciblées et/ou d'immunothérapie (petites molécules pharmacologiques et/ou biomolécules). Ces combinaisons thérapeutiques majorent l'efficacité antitumorale mais augmentent aussi les risques de complications cardiaques ; et si les complications cardiaques induites par la radio- et la chimiothérapie sont maintenant bien connues et caractérisées, les connaissances des complications cardiaques…