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Sommaires de la revue du praticien
oxygène
Syndromes hyperéosinophiliques
Matthieu Groh, Guillaume Lefèvre, Félix Ackermann, Nicolas Étienne, Jean-Emmanuel Kahn le 30-09-19

Devant une hyperéosinophilie sanguine, la démarche du clinicien est double : évaluer son retentissement sur les organes, et déterminer sa cause ; mais 50 % des syndromes hyperéosinophiliques restent d'origine indéterminée.

Les syndromes hyperéosinophiliques (SHE) – définis par l'association d'une hyper- éosinophilie sanguine supérieure ou égale à 1,5 G/L d'évolution chronique (> 1 mois) associée à des dommages tissulaires en rapport avec l'infiltration éosinophilique – sont une entité hétérogène aux mécanismes physiopathologiques sous-jacents variés. Le terme de "syndrome hyperéosinophilique" a été proposé pour la première fois en 1968, et un premier jeu de critères de classification a été suggéré en 1975. À mesure de l'amélioration des connaissances fondamentales relatives aux processus physiopathologiques sous-jacents de l'éosinophilie (notamment la découverte chez certains patients d'anomalies hématopoïétiques clonales ou la présence de lymphocytes T clonaux de phénotype anormal), des actualisations successives de ces critères ont été proposées.

Classification et principaux sous-types
Actuellement, la principale classification des SHE utilisée pour le soin et la recherche est celle proposée en 2011 par le Groupe de travail coopératif international sur les maladies à éosinophiles (ICOG-EO, comprenant un panel multidisciplinaire d'experts immunologistes, allergologues, hématologues et anatomopathologistes). Ainsi, on distingue : les SHE clonaux (SHEN), dont la leucémie chronique à éosinophiles liée à la délétion FIP1L1-PDGFRA (LCE F/P+) et les éosinophilies associées aux autres syndromes myéloprolifératifs et myélodysplasiques ; les SHE réactionnels (SHER), où les éosinophiles – polyclonaux – sont induits par la sécrétion en excès d'interleukine 5 (IL-5) qui est la la cytokine essentielle à la maturation médullaire, la migration et l'activation des éosinophiles. Ces SHER peuvent être d'origines diverses, notamment iatrogènes (syndrome d'hypersensibilité médicamenteuse retardée), infectieuses (helminthiase), ou être la conséquence d'un cancer solide (adénocarcinome bronchique ou prostatique notamment) ou…