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oxygène
Signe d'alerte de burn out et diagnostic précoce
Marie Pezé le 20-10-18

Prendre en charge à temps.

Comment faire le diagnostic précoce d'un syndrome protéiforme, dont les symptômes sont loin d'être figés dans le marbre comme ceux du syndrome de stress post-traumatique ? Comment établir ce diagnostic alors que les premiers signaux d'alerte sont soigneusement enfouis dans la vie professionnelle, dans la vie familiale, rendant leur dépistage difficile au décours d'une consultation d'une quinzaine de minutes ? Signaux d'alerte visibles de l'extérieur pour l'entourage mais déniés par le patient qui veut "tenir" à tout prix, par peur de perdre son travail et qui ne vient consulter que trop tard ?
Syndrome de désadaptation à des organisations du travail devenues redoutablement pathogènes, d'une accélération frénétique de nos fonctionnements neurophysiologiques, le burn out est de surcroît dans une phase de récupération médiatico-sociale qui écrase la possibilité de faire un diagnostic nuancé. D'autres tableaux cliniques liés au travail existent mais sont méconnus, au profit d'intitulés venus d'ailleurs, bore out, brown out, alors qu'ils sont plus fréquemment reconnus en maladie professionnelle devant le Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (trouble anxieux généralisé, dépression, stress post-traumatique). Le burn out nécessite d'atteindre 25 % d'incapacité permanente partielle (IPP), état clinique lourd. L'indemnisation par la caisse "accidents du travail-maladies professionnelles" (AT-MP) n'est que forfaitaire, donc loin d'être la meilleure solution pour un salarié qui bénéficie d'une prévoyance compensant ses pertes de salaire s'il reste dans le cadre de l'Assurance maladie. Cette ingénierie médico-administrative doit être maîtrisée car c'est un outil thérapeutique à part entière qui soigne la peur et l'anxiété du patient mieux que les médicaments ou les psychothérapies. Ainsi, les malaises survenant sur le lieu du travail dans les suites d'un fait accidentel précis (agression physique ou verbale, altercation, entretien d'évaluation punitif…) peuvent être déclarés en accident du travail (v. tableau 1), sous l'intitulé "état de stress…