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Prévention de la dépression du sujet atteint de DMLA
Pierre-Yves Robert le 03-02-17

La DMLA a toujours un retentissement psychologique qui doit être pris en charge. La DMLA est pour le patient une source d’angoisse concernant son évolution comparable à une épée de Damoclès, une contrainte importante dans le suivi médical, et une alternance à chaque consultation d’espoirs et de déceptions.

 

La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) en raison de son évolution le plus souvent par paliers et des traitements proposés actuellement impose au patient une astreinte à de nombreuses consultations chez l’ophtalmologiste, avec des injections intravitréennes itératives souvent étalées sur plusieurs années. Elle est pour le patient une source d’angoisse concernant son évolution comparable à une épée de Damoclès, une contrainte importante dans le suivi médical, et une alternance à chaque consultation d’espoirs et de déceptions.

L’apparition d’une dégénérescence maculaire s’accompagne toujours chez le patient d’un retentissement psychologique, en raison de son potentiel évolutif et de la perte de vision qu’elle suppose. Selon une étude récente, la prévalence d’une dépression sévère associée au diagnostic de DMLA augmente significativement avec la perte d’acuité visuelle, mais pas le score d’anxiété.

 

Évaluer la capacité visuelle résiduelle et le handicap généré

La prise en charge d’un patient atteint de DMLA impose donc de prendre en considération le patient dans son état actuel mais également dans son devenir à court, moyen et long termes.

La capacité visuelle résiduelle d’un patient atteint de DMLA peut être très large, dans la mesure où tout le champ visuel périphérique est préservé, ne laissant qu’un scotome des 20° centraux dans le pire des cas.

Des examens plus précis (micropérimètres équipés d’eye-tracker) permettent de préciser la localisation du point de fixation, de déterminer un emplacement rétinien préféré extrafovéolaire, et d’en apprécier la localisation et la stabilité.

La DMLA est source d’une déficience visuelle centrale, qui gêne le patient essentiellement dans l’accès à l’écrit, à la téléphonie et à l’informatique, et la reconnaissance des personnes.

Le handicap en résultant peut être précisé, notamment en évaluant les éléments qui peuvent menacer l’autonomie du patient (est-il seul à domicile ? a-t-il un conjoint, des enfants, des voisins pour lui lire son courrier, faire ses papiers ?) ou sa sécurité (gestion des médicaments, accès au téléphone, lecture des commandes de l’électroménager).

La prévention de la dépression réactionnelle à la DMLA passe ensuite par une évaluation de ce qui fait le bonheur du patient. Il a été montré que 95% des patients avec une dépression modérée ou sévère associée à une DMLA avaient répondu négativement aux questions : « je peux profiter des choses dont je profitais avant » et « je peux profiter d’un bon livre ou d’émissions de radio ou de télévision ».

 

 






TAG(s) : Ophtalmologie - Psychiatrie