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Sommaires de la revue du praticien
oxygène
Pierre Simon. Ne pas confondre télémédecine et e-santé
Serge Cannasse le 10-05-18

Néphrologue, juriste de la santé et ancien président de la Société française de télémédecine, il a co-coordonné le numéro de la revue ADSP (Haut Conseil de la santé publique) consacré à la télémédecine (décembre 2017).

Commençons par définir notre Sujet
En 1997, l'OMS a distingué deux formes de télémédecine : clinique et informative. La première désignait la réalisation à distance d'actes médicaux, y compris les échanges entre praticiens. La seconde caractérisait le transfert d'informations à destination des médecins, qu'elles portent sur des connaissances à acquérir (dont relève par exemple l'e-learning médical) ou des données de santé du malade (par exemple, les comptes-rendus d'hospitalisation ou le dossier médical partagé). Deux ans plus tard, un informaticien australien a créé une certaine confusion en introduisant le terme d'e-santé, qui recouvre tous les types de pratiques à distance portant sur les soins et la santé, avec une démarche essentiellement technico-commerciale à destination des professionnels comme des patients. Par la suite, moult définitions ont émergé, jusqu'à ce que l'OMS y mette bon ordre en insistant sur la différence entre télémédecine, qui est une pratique médicale à distance par des professionnels, et e-santé ou télésanté, qui correspond à une délivrance d'informations par des services à visée commerciale.
Cela étant, la situation s'est compliquée avec l'arrivée de l'internet des objets (par exemple, les applications "santé" des smartphones) et de l'intelligence artificielle. Celle-ci va devenir une aide précieuse pour le diagnostic et le choix thérapeutique, avec des mises à jour très rapides. La France a un rôle majeur à y jouer grâce à ses bases de données de santé publiques – parmi les plus puissantes de la planète – notamment pour ne pas laisser aux entreprises type Google, Apple et autres le monopole de l'exploitation des informations de santé. Tout le monde a pris conscience de leur importance avec l'affaire du Mediator : on est passé d'une estimation de 20 à 30 décès avec…