Espace abonné | connectez-vous
Image mystérieuse
Cliquez pour vous tester
A quoi pensez-vous ?

Photothèques
Sommaires de la revue du praticien
oxygène
Médecine humanitaire : pourquoi et comment s'engager ?
Mathilde Berthelot le 30-06-17

Porter secours aux populations en situation précaire est l'objectif de base de l'engagement dans une association médicale humanitaire. Conflit, post-conflit, catastrophes naturelles, zones de grande précarité sanitaire, exclusion des soins, épidémies ou grandes endémies, ces situations d'intervention requièrent une forte motivation personnelle et une grande capacité d'adaptation des volontaires.

Une organisation internationale comme Médecins sans frontières (MSF) intervient dans plus de 70 pays différents, plus de la moitié en Afrique, d'autres en Asie ou en Amérique latine et de plus en plus au Moyen-Orient. Les principes éthiques qui fondent l'exercice de la médecine et le devoir d'assistance humanitaire sont les piliers de l'engagement humanitaire. La charte de Médecins sans frontières précise par exemple que les volontaires s'engagent à respecter les principes déontologiques de leur profession et à maintenir une totale indépendance à l'égard de tout pouvoir, ainsi que de toute force politique, économique ou religieuse.
 
Agir et transmettre
Les activités principales regroupent les consultations ambulatoires à destination des adultes, des enfants et des femmes enceintes, les soins hospitaliers, la chirurgie, la réponse aux épidémies, notamment par des campagnes de vaccination, la prise en charge curative et préventive de la malnutrition, la prise en charge des maladies infectieuses ainsi que des opérations de prévention sanitaire comme l’accès à l’eau et à l’assainissement.

Les activités curatives sont le plus souvent menées par le personnel local, les volontaires internationaux doivent donc avoir l’envie de transmettre des compétences, de diffuser leur savoir in situ, de former des équipes et de les encadrer. L’examen clinique a toute sa place, même s’il y a de plus en plus de moyens disponibles au niveau technique, équipement, imagerie ou laboratoire. Cela demande donc de l’expérience dans sa propre pratique médicale mais aussi de s’adapter aux ressources disponibles, au niveau des équipes locales, à des plateaux techniques différents, parfois limités. Avec plus de 45 ans d’expérience, MSF a développé de multiples guidelines standardisés et des modules de formation variés, allant de la mise en place d’une campagne de vaccination ou d’un centre nutritionnel à des formations chirurgicales spécifiques, ainsi que des formations plus transversales à la gestion de projet, de la sécurité des équipes ou à la gestion du stress.

Quel profil pour être volontaire ?

La médecine pratiquée doit être une médecine de qualité, loin du mythe du médecin aux pieds nus qui opère avec un rien. Il faut une bonne pratique quotidienne dans son domaine d’expertise médicale. On demande un sens du service, de l’organisation, de la rigueur mais surtout le goût du travail en équipe et un très bon relationnel, ainsi qu’une grande flexibilité. Découvrir une autre culture fait pleinement partie de la motivation des volontaires. Au cours de réunions publiques d’information organisées par MSF (à Paris et dans ses antennes régionales réparties sur le territoire français), les futurs candidats peuvent échanger avec des chargés de recrutement, autour du témoignage d’un volontaire de retour de mission, pour mieux comprendre les attentes en la matière, avant de déposer leur dossier de candidature en ligne sur www.msf.fr et d’avoir éventuellement un entretien individuel au cours duquel leur profil mais aussi leur motivation, la préparation de leur projet, leurs capacités d’adaptation, de travail et de vie en groupe sont évalués. Des sessions de préparation au premier départ pour les nouveaux volontaires fraîchement recrutés, organisées au siège, en groupe réunissant des profils variés (médicaux, logistiques, administratifs…) permettent ensuite de se préparer à une mission.