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oxygène
L'immunothérapie des cancers honorée par un prix Nobel
Yvon Lebranchu le 30-03-19

L'attribution du prix Nobel de médecine à James Allison de l'université du Texas et à Tasuku Honjo de l'université de Kyoto récompense des années de travaux expérimentaux sur les mécanismes de contrôle de la réponse immunitaire, ayant permis de la reprogrammer afin de vaincre le cancer.

En validant l'efficacité de l'immunothérapie, James Allison et Tasuku Honjo ont ouvert la voie à l'élaboration d'une nouvelle classe d'agents anticancéreux, les inhibiteurs du contrôle immunitaire (immune checkpoint inhibitors [ICI]) et à une nouvelle conception des traitements des cancers associant les traitements classiques (chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie) et l'immunothérapie.

Réponse immunitaire anticancéreuse
Cette révolution médicale a remis en lumière la notion de réponse immunitaire anticancéreuse, suspectée dès la fin du XIXe siècle par William B. Cooley, qui a rapporté des cas de régression de tumeur par l'injection d'extraits bactériens, mais surtout démontrée par Georges Mathé il y a plus de 50 ans par la guérison d'une leucémie chez un homme grâce à la greffe de moelle osseuse de son jumeau.
Les nombreuses tentatives dans les années 1970-1980 pour "stimuler" la réponse immunitaire anticancéreuse n'ont pas connu le succès escompté en dehors de l'utilisation du BCG dans le cancer de la vessie, en raison de l'absence de connaissances suffisantes sur les mécanismes de fonctionnement du système immunitaire Les tentatives d'immunostimulation reposaient essentiellement sur l'utilisation de molécules chimiques ou d'extraits bactériens qui devaient être des agonistes des récepteurs TOLL à une époque où ceux-ci n'avaient pas encore été décrits par Jules Hoffmann, Prix Nobel de médecine en 2011…