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Sommaires de la revue du praticien
oxygène
Jean-Marie Gomas. Une reconnaissance compliquée
Serge Cannasse le 30-09-17

Ancien médecin généraliste, devenu gériatre et hospitalier, il préside le conseil scientifique de la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs (SFAP), société dont il est l'un des fondateurs.

Où en sont les soins palliatifs en France ?
En un peu plus d'une trentaine d'années, des évolutions positives se sont produites. D'abord, le grand public a désormais intégré le fait que la fin de vie peut avoir du sens, que le patient est un sujet qu'il faut écouter et pas seulement un objet de soins hypertechnologiques aux mains de médecins tout-puissants. Le mouvement des soins palliatifs n'a pas été le seul à promouvoir ce changement, confirmé par la loi, mais sans conteste il y a fortement contribué.
En même temps, les professionnels ont pris conscience que la douleur devait être prise en charge et plus généralement, qu'il fallait s'occuper du confort, de la dignité, de la liberté du malade et que pour cela il fallait lui prêter attention. Ça n'était pas évident il y a trente ans, et d'une certaine façon ça ne l'est toujours pas. En effet, nous assistons actuellement à une perversion de ce progrès, légitimée par la loi, avec la notion de sédation profonde et continue maintenue jusqu'au décès. Celle-ci n'est justifiée que chez 1 à 2 % des malades en fin de vie. De plus, la sédation "transitoire" pour symptômes insupportables ne vaut que pour 10 à 15 % de ces patients. Or actuellement la tendance est forte d'accélérer les fins de vie qui semblent trop inconfortables, tout simplement parce que l'accompagnement ou le contrôle de leurs symptômes est très insuffisant. C'est un des problèmes majeurs auquel la SFAP va devoir se confronter…