Hépatite E | La Revue du Praticien
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oxygène
Hépatite E
Olivier Marion, Jacques Izopet, Nassim Kamar le 30-03-18

Désormais première cause d'hépatite aiguë virale en France.

Découvert au début des années 1980 à la suite de la survenue d'une épidémie d'hépatite cholestatique dans les rangs de soldats soviétiques en Afghanistan, ce virus "non-A et non-B" à transmission entérique est désormais considéré comme la première cause d'hépatite aiguë d'origine virale au monde. La reconnaissance de son endémicité en Europe de l'Ouest a fait évoluer son statut de maladie émergente vers celui d'hépatite virale autochtone dont le spectre de pathogénicité n'est désormais plus limité au foie.

Structure du virus et différents Génotypes
Le virus de l'hépatite E (VHE) appartient à la famille des Hepeviridae, genre Orthohepevirus. Il s'agit d'un petit virus à capside icosaédrique d'environ 27 à 34 nm de diamètre. Son génome est un acide ribonucléique (ARN) simple brin de polarité positive d'environ 7,2 kb. Il existe trois cadres ouverts de lecture retrouvés pour tous les génotypes (open reading frames [ORF]) : ORF1, ORF2 et ORF3. ORF1 code une polyprotéine non structurale possédant une activité méthyl- et guanyl-transférase, une activité cystéine protéase, une hélicase et une ARN-polymérase ARN-dépendante. Elle assure la réplication du génome viral dans les cellules infectées. ORF2 code la protéine de capside qui porte les épitopes immunogènes. Enfin, ORF3 code une phosphoprotéine intervenant dans l'interaction du virus avec les membranes lipidiques et le bourgeonnement des virions à la surface des cellules infectées.
Le VHE a une grande variabilité génomique, générant une population relativement hétérogène de variants au sein d'un même hôte infecté. On parle de quasi-espèce.

Sept génotypes viraux
Sept génotypes différents sont décrits pour le VHE, dont cinq sont reconnus comme pouvant…