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Fin de vie : les options belge, suisse et orégonaise
Dominique Grouille le 25-01-19

Pour enrichir la réflexion et alimenter le débat sur la révision des lois de bioéthique, cet article présente le bilan des 3 pays qui ont légalisé l'euthanasie ou le suicide assisté et qui commencent à s'interroger sur leurs dérives.

 

Trois propositions de loi visant à légaliser l’euthanasie et le suicide assisté ont été soumises à l’Assemblée nationale il y a quelques mois. Elles s’inspirent des législations Belge pour l’euthanasie, Suisse et de l’état de l’Oregon aux États-Unis pour le suicide assisté. Comme elles datent respectivement de 2002, 2006 et 1997 un bilan peut en être dressé afin d’éclairer notre réflexion.

Ces trois approches sont fondées sur le principe d’autonomie de l’individu face à la mort. Les médecins sont fortement impliqués dans ces pratiques. Ce sont eux qui injectent le produit léthal en Belgique, ils sont prescripteurs en Suisse ou Orégon et ce sont les patients qui ingèrent le produit mortel. Par ailleurs, force est de constater que ces législations ont conduit à dérives toujours croissantes.

En Belgique, tout d’abord, le contrôle de la conformité des pratiques s’avère très discutable. De plus, au-delà du principe d’autonomie des patients jouissant de toutes leurs capacités intellectuelles, l’extension de l’euthanasie aux patients atteints de pathologie psychiatriques ou de démences et le regard purement économique jeté sur les personnes âgées, nous semblent extrêmement préoccupants.

En Suisse, où principalement deux associations gèrent les demandes, les contrôles sont également peu rigoureux et des suicides assistés ont été réalisés pour des patients souffrant de maladies rhumatologiques ou de syndromes de douleurs chroniques. Une dérive majeure dans le futur pourrait aussi concerner les personnes âgées.

En Oregon, ce sont surtout des agonies prolongées, voire des échecs qui sont relevés. Seul point positif, 35 % des patients détenteurs du produit létal n’en font pas usage. Ces faits contribuent à nourrir un débat qui, selon nous, n’est plus un débat médical mais un véritable choix de société.

 

 






TAG(s) : Santé publique - Soins palliatifs