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Devenir des embryons congelés en France
Oxana Blagosklonov, Céline Bruno le 20-09-18

Plusieurs dizaines de milliers d'embryons congelés sont conservés sans projet parental. Le choix de leur devenir est loin d'être simple.

Selon les régions, entre 14 et 45 % des tentatives de fécondation in vitro en France (fécondation in vitro classique ou avec injection intracytoplasmique d'un spermatozoïde) aboutissent à l'obtention d'un nombre d'embryons supérieur à celui qu'il est possible (ou souhaitable) de transférer in utero sans prendre le risque de grossesses multiples de haut rang. Ces embryons dits "surnuméraires" sont donc congelés et conservés dans les centres d'assistance médicale à la procréation (AMP) pour les couples afin de les utiliser lors d'une tentative d'AMP ultérieure. De plus, l'arrivée de la vitrification embryonnaire a considérablement augmenté le bénéfice de la congélation embryonnaire qui est passé de 8 % de naissances additionnelles en 1998 à 18 % en 2015. Ainsi, selon les données du registre de l'Agence de la biomédecine, plus de 68 000 embryons surnuméraires ont été congelés au cours de l'année 2015 et 221 538 embryons étaient conservés dans les centres français d'AMP au 31 décembre 2015.
Chaque année, les couples dont les embryons sont conservés sont consultés par courrier sur leur souhait de maintenir ou non leur projet parental. Majoritairement les couples demandent la poursuite de la cryoconservation en vue d'un transfert intra-utérin ultérieur (70 % de couples). S'ils n'ont plus de projet parental, en cas de séparation ou de décès de l'un d'entre eux, les deux membres d'un couple (ou le membre survivant) peuvent choisir le devenir de leurs embryons dans le cadre législatif français parmi les trois possibilités : les donner à un autre couple dans le cadre de l'accueil d'embryons, les donner à la recherche, ou demander de mettre fin à leur conservation. Néanmoins, 10 ans après la mise en place des dispositions légales (loi de bioéthique de 2004), près de 32 % des embryons conservés le sont en dehors de tout projet parental : 34 089 embryons (15,4 %) [10 838 couples concernés] n'ont plus de projet parental (en attente de destruction, ou d'attribution vers…