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Critique de l'evidence-based medicine
François Fourrier le 20-11-17

L'EBM étouffe de ses excès sans qu'on ait obtenu la preuve de ses bénéfices. Une certitude n'a jamais été une preuve. Une preuve ne sera jamais une vérité. M. Toesca.

Critiquer l'evidence-based medicine (EBM) ? Vous n'y pensez pas ! Regardez donc la figure ci-contre ! Est-ce une simple théorie, le caprice de méthodologistes ou de statisticiens obscurs ? Non ! C'est un tsunami qui a tout dévasté ! Naviguez sur PubMed, recherchez l'EBM et tous ses acolytes ! En 20 ans, 136 000 occurrences, 550 000 essais randomisés et 15 000 recommandations. Et l'on ne compte plus les analyses, les consensus et les revues systématiques. L'EBM n'est plus un bébé ! L'eau du bain est un océan sans fond ! Tout jeter ? Critiquer ? Devant une telle extension planétaire cela semble impossible. Et pourtant… Aujourd'hui, avec le temps, rien n'empêche de mettre l'EBM à l'épreuve, de chercher ses aspects dommageables et ses insuffisances. Allez ! Osons d'abord quelques constats puis mettons-nous en situation, modestement. Déroulons la boucle de la méthode, voyons si les choses ont changé et terminons par une inquiétude essentielle.
Quelques constats sur les principes de l'EBM. À lire les professions de foi de Sackett, Cochrane et d'autres encore, son adoption était justifiée par le bilan calamiteux des incompétences médicales, des erreurs et de l'insuffisance des formations académiques. Une appréciation terriblement pessimiste de la réalité, comme si personne n'avait jamais suivi une démarche médicale efficiente. S'interroger, chercher les données actuelles de la science, les appliquer avec le patient, c'était pourtant, depuis longtemps et pour beaucoup, une évidence ! On n'avait pas attendu l'EBM pour évaluer scientifiquement les progrès médicaux, mais il fallait forcer la médecine à se soumettre à la pensée mathématique, gage d'objectivité et de réduction des erreurs. Appliquer ce qui était…