Conservation ovocytaire, hors cancer | La Revue du Praticien
Espace abonné | connectez-vous
Image mystérieuse
Cliquez pour vous tester
A quoi pensez-vous ?

Photothèques
Sommaires de la revue du praticien
oxygène
Conservation ovocytaire, hors cancer
Chloé Maignien, Mathilde Bourdon, Justine Hugon-Rodin, Geneviève Plu-Bureau, Pietro Santulli, Charles Chapron le 20-07-18

Pour toute patiente à haut risque d'infertilité ou nécessitant un traitement gonadotoxique.

Les lois de bioéthique prévoient que "toute personne dont la prise en charge médicale est susceptible d'altérer la fertilité, ou dont la fertilité risque d'être prématurément altérée, peut bénéficier du recueil de ses gamètes ou tissus germinaux […] en vue de la restauration de sa fertilité". La congélation ovocytaire permet cela depuis plusieurs années. Initialement développée dans la prise en charge des cancers, elle est maintenant envisagée lors de toute pathologie bénigne susceptible d'entraîner une baisse du capital folliculaire (elle-même ou ses traitements) donc un risque d'insuffisance ovarienne prématurée (IOP).
Dans ces situations, il est licite d'informer les patientes au sujet des modes de conservation ovocytaire. Ils sont discutés au cas par cas selon le risque gonadotoxique, l'âge de la patiente, sa réserve ovarienne, son histoire personnelle et son souhait.

Techniques
Les principales : la congélation d'ovocytes recueillis après stimulation ovarienne ou à la suite d'une maturation in vitro (MIV) ; et celle du tissu ovarien lui-même. Les 2 dernières procédures sont encore expérimentales bien que pratiquées en routine par plusieurs équipes.

Ponction d'ovocytes matures après stimulation ovarienne
L'administration de gonadotrophines pendant 10 à 15 jours permet de récolter un maximum d'ovocytes matures : en métaphase II (de 2e division méiotique). Ils sont ensuite vitrifiés par refroidissement ultrarapide dans l'azote liquide en présence de cryoprotecteurs, ce qui réduit les dommages cellulaires en limitant la formation de cristaux.
Le protocole hormonal "antagoniste" est le plus utilisé : on déclenche l'ovulation avec un agoniste de la GnRH (hormone hypothalamique stimulant la sécrétion de gonadotrophines hypophysaires…