Clément Leclaire. Quel bénéfice du doute en réanimation ? | La Revue du Praticien
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Clément Leclaire. Quel bénéfice du doute en réanimation ?
Serge Cannasse le 12-03-18

Médecin interniste réanimateur, exerçant aujourd'hui en hospitalisation à domicile à l'AP-HP, il a publié Orgues et figues de nos contrées. Réflexions sur l'acharnement thérapeutique (Bayard Service Édition, 2016, 84 pages, 10 euros).

Qu'est-ce qui vous a poussé à écrire ce livre ?
Un malaise partagé par les professionnels de réanimation, qui est que pour soigner, nous devons faire du mal. C'est particulièrement dérangeant pour les personnes âgées chez qui nous empêchons une fin apaisée. Écrire m'a permis d'approfondir ma réflexion, de dévoiler les incohérences entre mes idées et mes actions, pour accorder mes actes à mes pensées… C'est pour cela que je suis en HAD maintenant !

Vous complétez la balance bénéfice-risque par le concept de malfaisance des soins
Le paradigme médical est binaire. Il dit que le soin est fondamentalement bienfaisant s'il n'est pas contrarié par le risque d'une complication. Notre rôle de médecin revient donc à diminuer le risque en renforçant l'approche technique. Ce faisant, nous oublions la malfaisance intrinsèque de nos actes, parce qu'ils font souffrir, qu'ils entravent le patient ou qu'ils le heurtent dans ses convictions. Je ne dis pas qu'il ne faut pas les faire, mais j'aime rappeler que le bénéfice n'efface jamais cette malfaisance, il la rend simplement acceptable. À mon avis, il est utile de réfléchir à ces notions (bénéfice, risque, malfaisance) séparément.

Vous mettez en balance la liberté du médecin et celle du patient
L'objectif prioritaire est de faire valoir l'autonomie du patient. Compte tenu de la dissymétrie (le médecin a plus de pouvoir que le patient, plus de devoir aussi), on peut croire qu'il faut diminuer…