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Chimioprévention du cancer colorectal
Adil Soualy, Robert Benamouzig le 28-02-19

La chimioprévention du cancer colorectal est un enjeu majeur de santé publique pour les années à venir. Parmi les substances actuellement testées, l'aspirine est la substance qui a été la plus étudiée et qui a donné les meilleurs résultats, sans que son usage systématique puisse encore être préconisé.

La chimioprévention du cancer consiste à utiliser des agents chimiques pour prévenir ou inhiber le développement du processus de carci- nogenèse, et cette intervention peut être envisagée à tous ses stades. La chimioprévention peut aussi être utilisée pour tenter de diminuer l'apparition de la récidive tumorale. Parmi les très nombreux agents candidats en cours d'évaluation, nous ne traiterons que de ceux déjà bien évalués chez l'homme.

Chimioprévention : concepts et méthodes
Les composés administrés au long cours doivent être efficaces tout en ayant une toxicité minime et un coût acceptable pour pouvoir être largement utilisés. Le choix de la population cible est important. Le traitement à long terme d'une population à risque standard expose de très nombreux patients aux éventuels effets indésirables du produit pour un bénéfice limité (faible nombre de cancers attendus) tout en entraînant un coût important. Le traitement d'une population à risque élevé est plus légitime. Le dévelop- pement de ces agents repose sur des bases classiques : phase I appréciant la toxicité et la pharmacodynamie ; phase II avec études randomisées en double aveugle évaluant l'efficacité sur des marqueurs intermédiaires corrélés à l'apparition des tumeurs ; puis phase III avec des études randomisées en double aveugle évaluant l'efficacité réelle du produit sur l'apparition ou la récidive des tumeurs. L'approche la plus généralement retenue consiste à évaluer l'effet de l'agent testé chez des patients ayant des adénomes coliques réséqués et à haut risque de récidive ou chez des patients opérés d'un cancer colorectal de bon pronostic. Une fois prouvée l'efficacité d'un agent, il reste à en apprécier l'intérêt réel. En effet, le bénéfice "vrai" doit être apprécié en fonction de l'efficacité…