Espace abonné | connectez-vous
Image mystérieuse
Cliquez pour vous tester
A quoi pensez-vous ?

Photothèques
Sommaires de la revue du praticien
oxygène
Carence en iode pendant la grossesse
Émilie Haab, Pierre-François Ceccaldi, Dominique Luton le 11-12-17

Grossesse. La France est une zone de carence modérée en iode, avec un risque accru pour le développement cérébral du fœtus chez la femme enceinte dont les besoins augmentent. Une supplémentation en iode doit donc être systématique pendant la période préconceptionnelle, la grossesse et l'allaitement.

L'iode est un élément essentiel à la synthèse des hormones thyroïdiennes, qui ont un rôle démontré dans le développement neurologique fœtal. Les apports journaliers recommandés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) varient selon les différentes périodes de la vie : 90 µg pour les nourrissons, 120 µg pour les enfants, 150 µg pour les adultes et 250 µg pour les femmes enceintes ou allaitantes.
Au cours de la grossesse, les besoins en iode augmentent. L'hyperestrogénie entraîne une clairance accrue de l'iode et, en deuxième partie de grossesse, l'iode maternel traverse le placenta pour permettre la synthèse des hormones thyroïdiennes du fœtus. La grossesse représente donc une période à fort risque de carence. Une carence modérée pendant la grossesse s'accroît et peut devenir délétère. Cette carence a un impact sur le développement psychomoteur ainsi que sur les capacités d'apprentissage de l'enfant, elle était responsable autrefois du syndrome de crétinisme endémique. Aujourd'hui, ces formes sévères sont rares, mais des déficits persistent.
La carence iodée est définie en fonction des apports journaliers. Elle est sévère lorsque les apports quotidiens sont inférieurs à 25 µg, modérée lorsqu'ils sont entre 25 et 50 µg, et faible entre 50 et 150 µg. Une corrélation entre le statut iodé maternel (apprécié par l'iodurie), l'iodémie maternelle et l'iodémie sur sang de cordon a été mise en évidence. L'iodurie est un bon marqueur utilisé dans…